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Critique

Aimez-vous l'art? Des goûts et des couleurs, ça se discute.

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C'est du moins l'opinion de Gérard Genette, qui analyse la «relation esthétique» établie entre un individu et ce qu'il aime ou déteste.

Publié le 13/02/1997 à 21h37

Dire «c'est beau ou c'est laid», cela revient à affirmer «j'aime ou j'aime pas». Ainsi pourrait s'énoncer le postulat de base (très sarrautien!) à partir duquel Gérard Genette développe sa Relation esthétique dans le prolongement d'Immanence et transcendance, premier tome, paru en 1994, de ce qui est destiné à devenir une somme sous le titre générique de l'oeuvre de l'art. Son étude, qui déborde largement le champ restreint de l'art pour s'appliquer à l'ensemble des objets, naturels ou artefactuels, susceptibles de provoquer une réaction esthétique, se place ainsi d'emblée sur le terrain du récepteur, autrement dit du public. Plutôt que de se casser la tête, après Kant, Hegel et leurs héritiers plus ou moins déclarés, plus ou moins renégats, sur la définition de l'art, l'auteur préfère déplacer la question du côté de ceux «qui aiment» (ou qui détestent, ou à qui ça ne fait ni chaud ni froid). Mais loin de se prétendre lubie ou caprice, cette position lui permet de battre en brèche celle des tenants de l'objectivisme au premier rang desquels Nelson Goodman, qui s'est illustré en remplaçant la question «qu'est-ce que l'art?» par «quand y a-t-il art?», et Monroe Beardsley, autour d'"Aesthetics: Problems in the Philosophy of Criticism"(1), «de loin le plus considérable monument de l'esthétique analytique», selon les termes de Genette. D'autres spécialistes, Arthur Danto et George Dickie notamment, sont égratignés au passage.

Pour autant, le propos général ne s'apparente en rien à

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