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Rififi à Moulinsart. La colère monte contre les diktats des ayants droit de Tintin.

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Publié le 20/02/1997 à 17h17

Rien ne va plus entre tintinologues et actuels ayants droit de

Hergé. Dans une conférence de presse donnée à Bruxelles il y a quelques jours, cinq des meilleurs connaisseurs de l'oeuvre du père de Tintin ont accusé d'«abus de pouvoir» ces ayants droit ­ Fanny, la veuve du créateur, et Nick Rodwell, son second mari. Selon eux, en effet, tous ceux qui, depuis quelques années, sont concernés par l'image et le monde de Tintin ­ chercheurs, universitaires, écrivains, historiens, libraires, éditeurs, collectionneurs ­ ressentent la même chose: «Tout hommage à l'oeuvre de Hergé est devenu problématique.» «De plus en plus, ajoutent-ils, Tintin est traité comme une marque, un simple produit, et non comme une oeuvre majeure et une part de notre imaginaire», les ayants droit privilégiant l'exploitation purement commerciale de l'oeuvre et le merchandising (des tee-shirts Tintin et Milou aux cravates Haddock, en passant par de multiples gadgets).

A l'appui de ces accusations de «confiscation d'une oeuvre majeure de notre patrimoine culturel», plusieurs exemples d'interdiction de publier ou de «conduites dissuasives» ont été révélés. Ainsi, Benoît Peeters, un des meilleurs exégètes de Hergé, qui anime depuis dix ans chez Casterman la «Bibliothèque de Moulinsart», collection d'étude et de vulgarisation de l'oeuvre du créateur, a décidé à contrecoeur de mettre fin à cette collection. Selon lui, «une oeuvre qui ne suscite plus le discours critique, qui ne soulève plus de discussion et d'interp

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