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Libération
Critique

Et Oster créa Louis. Il aurait pu s'appeler Charles ou Julien, perd ses amis et sa fille en forêt de Sénart mais y rencontre une femme de rêve . Christian Oster, Le Pique-Nique Minuit, 192 pp., 88 F.

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Publié le 27/02/1997 à 16h53

A la toute fin, lorsque le lecteur s'empiffre du peu de pages qu'il

reste, ne sachant ralentir, la tête la première vers le mur de l'ultime feuille blanche, à peine maculée d'un «achevé d'imprimer», fébrile comme la main aveugle et boulimique en quête du dernier loukoum au fond de la boîte, lorsqu'il sait pourtant que le plaisir s'achève, qu'il lui faudra de ce pas refermer le livre, rabattre le couvercle du coffret du plaisir, à la toute fin, donc, ou bien le lecteur se dit que tout est bien qui finit bien, ou bien il pense que cet imbécile de Louis, tout pâmé d'amour qu'il est, ne récupérera jamais son automobile avant la fin du livre. Avouons tout de suite que, à choisir entre ces «ou bien, ou bien», vu que la belle Blanche Hazanavicius n'a d'yeux que pour son tergiverseur de Louis et pas un regard pour nous, notre compassion va plutôt pour le véhicule en rade à la lisière de la forêt de Sénart, c'est l'embrayage, «une fourchette» pense Louis alors que ça nous a tout l'air d'un câble cassé, quoique l'absence de renseignements quant au modèle laisse la porte ouverte à l'hypothèse d'un embrayage hydraulique, auquel cas on ne répondrait de rien. Encore qu'il semble, in extremis (c'est l'avant-dernière page) que Dujardin, Philippe et Christian, eussent vaincu la panne, sans pour autant pouvoir restituer le véhicule à son propriétaire, puisque à ce moment même le livre se referme sur leurs doigts de cambouis. Bon, mais bref, on peut préférer les fins heureuses (on sent bien qu

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