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Critique

La Nausée et le poisson cru. Accompagnatrice de Sartre et de Beauvoir au Japon en 1966, Asabuki Tomiko a conservé depuis un amour intact pour «les Beatles du savoir». Asabuki Tomiko. 28 Jours au Japon avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, traduit du japonais par Claude Peronny et Tanaka Chiharu, éditions de l'Asiathèque,160 pages et 56 photos hors texte, 180 francs.

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Publié le 13/03/1997 à 23h25

Tokyo envvoyé spécial

Ainsi donc Asabuki Tomiko a passé vingt-huit jours au Japon avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir et environ trois quarts de siècle sans eux. Les Sartre sont restés au Japon du 18 septembre au 16 octobre 1966, en pleine gloire; là-bas, on les comparait à des «Beatles du savoir». Tomiko, c'est son prénom, y fut leur groupie, leur guide, leur interprète, leur amie, presque leur soupirante, indulgente et attentionnée. Elle les connaissait déjà, elle est la traductrice des Mémoires d'une jeune fille rangée, de la Force des choses, de la Femme rompue, elle a mis presque trente ans à se décider à raconter ce voyage, et son récit est confit par le temps jusqu'à la quasi-béatification des personnages.

Il faut dire qu'Asabuki Tomiko est une amoureuse. Elle aime la France depuis son adolescence et y passe aujourd'hui la moitié de ses jours, mariée depuis trente ans avec un ingénieur français, le cher Albert. C'est à Tokyo qu'elle nous reçoit, dans sa maison de Shirokanedaï, où les bâtiments qui l'ont vue grandir ont été épargnés par les bombardements américains. Elle est issue d'une famille aristocratique, son grand-père était le numéro 2 du trust Mitsui, il épousa la nièce de Yukichi Fukuzawa, un des penseurs du Japon moderne qui lutta pour l'abolition des castes, mort en 1901 et vivant à jamais dans le coeur et le portefeuille des Japonais puisque son visage illustre les billets de 10 000 yens. Ce choix de la modernité aristocratique franchit les génératio

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