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Libération
Reportage

Le parcours du manga-ka.

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Cadences infernales, sélection impitoyable: il faut une santé de fer pour se faire un nom dans l'univers du manga, média de masse qui génère chaque année un chiffre d'affaires de 30 milliards de francs.

ParFrédérique AMAOUA
Tokyo de notre correspondante,
Publié le 13/03/1997 à 23h24, mis à jour le 13/03/1997 à 23h24

Masuko Furukawa est un manga-ka raté. Comprenez un dessinateur de mangas qui n'a pas réussi. Dans ses jeunes années pourtant, cet homme de 45 ans au look décontracté ­ petites lunettes rondes fumées, barbichette en pointe ­ , aujourd'hui à la tête de la première chaîne de boutiques de mangas d'occasion au Japon (bientôt cotée en Bourse!), avait fait des débuts prometteurs en tant qu'artiste.

Il avait été sélectionné sur concours par Kodansha, la première maison d'édition japonaise, pour travailler dans l'un de ses hebdomadaires de BD à succès. Le rêve de tout manga-ka en herbe! Ces concours, organisés régulièrement par les trois leaders de l'édition au Japon (Kodansha, Shogakukan et Shueisha) pour déceler de nouveaux talents, ouvrent en effet la voie royale. «Etre publié dans un magazine, a fortiori dans un hebdo, c'est la chance de votre vie», résume Furukawa. Quand on sait que Shonen Magazine, le magazine vedette de Kodansha destiné aux gamins, tire à près de 4,5 millions d'exemplaires par semaine, et que celui de son concurrent, Shonen Jump, publié par Shueisha, a déjà culminé au-delà des 6 millions d'exemplaires, on comprend aisément pourquoi.

Mais Furukawa a laissé passer sa chance. «Je n'ai pas pu suivre le rythme. J'étais incapable de produire vingt à trente pages par semaine. Je n'étais pas assez bon», dit-il sans aucune amertume. Résultat: au bout de cinq épisodes, sa série est passée à la trappe. Le lot de «toutes les histoires qui ne font pas partie du top ten dans

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