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Critique

Le partage des os . Trois nouvelles d'un poète et traducteur qui fait voyager sa prose. Ikezawa Natsuki. Des os de corail, yeux de perles Traduit du japonais par Véronique Brindeau et Corinne Quentin, éditions Philippe Picquier, 96 pp., 79 F.

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Publié le 13/03/1997 à 23h24

Des os de corail, yeux de perles est le deuxième recueil de

nouvelles d'Ikezawa Natsuki après la Vie immobile (1995), mais on ne doit pas s'y tromper: Ikezawa n'est pas qu'un sprinter, son dernier roman fait plus de mille pages. Il a 51 ans. Scientifique de formation, il séjourne longuement en Grèce et en rapporte la traduction des poètes contemporains. Ces années de formation lui donnent une place singulière dans la littérature nippone , il laisse voyager sa poésie toute japonaise tout autour du monde jusque dans la Stratosphère des matins d'été, son premier roman.

Les trois nouvelles du recueil en offrent une nouvelle illustration, la première, qui donne son titre à l'ensemble, Des os de corail, yeux de perles, fait entendre la voix d'un mari mort qui suit du regard sa veuve en train de satisfaire ses volontés testamentaires: piler ses os et répandre ses cendres au fond de l'eau pour marquer sa renaissance. La deuxième, Espérance, est une longue lettre, une bouteille lancée dans les airs par une jeune épousée vers son mari, marin au long cours qui va franchir le cap de Bonne-Espérance , la lettre dit la solitude, l'amour, l'inquiétude pour une enfant malade, une leçon de désarroi quotidien et d'espoir lancée depuis une île perdue du Japon vers une coque perdue en mer où un hélicoptère doit la déposer.

La troisième, Voyage vers le nord, est une manière de chef-d'oeuvre, la marche solitaire d'un homme, dernier survivant après la fin du monde, il avance vers le nord canadien, dé

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