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Libération
Interview

Picquier le passeur.

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Publié le 13/03/1997 à 23h24

Arles envoyé spécial,

Au Japon, on dit des Occidentaux qui vivent à la japonaise qu'ils sont «tatamisés», en référence à cette natte de paille de riz, le tatami, épaisse comme le poing et de la taille d'une couchette (0,9 m x 1,8 m), qui prend la mesure de tout, on dit d'une pièce qu'elle fait six ou huit tatamis et d'un terrain qu'il fait tant de tsubos, le tsubo valant deux tatamis. Le logo des éditions Philippe Picquier symbolise un homme en kimono, accroupi dans cette position que seuls les Japonais trouvent confortable, un livre blanc lui cache le visage, il lit, un autre, noir, est retourné sur le sol où un simple trait marque le tatami. Philippe Picquier lui-même n'est pas totalement tatamisé, il vit près d'Arles, au milieu des plus grandes rizières de Camargue et des livres stockés dans le Mas-de-Vert. Deux fois par an, il se rend dans l'un ou l'autre de ces anciens empires où le soleil se lève, en revient navré de n'en pas connaître les langues, et publie chaque année une cinquantaine de titres: Japon, 120 titres disponibles, puis la Chine, le Viêt-nam, la Corée... Il est ainsi le seul éditeur européen de son espèce, oriental. «Mais, et c'est tant mieux, je ne suis pas orientaliste. Je ne lis que le français, sinon j'aurais eu tendance à bourrer mes livres de notes et à les rendre illisibles.»

Philippe Picquier est né en 1950, il a étudié les lettres, les sciences politiques, le droit, tâté un peu de journalisme avant de faire ses classes d'éditeur auprès de Jean-Clau

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