Tokyo envoyé spécial
Au Japon, Banana Yoshimoto est une star, on l'appelle Banana. En japonais, banana signifie banane. Et si Banawna ne s'appelait pas Banana, elle ne serait peut-être pas une star, les mauvaises langues le disent. Elles ont tort. Banana n'est pas son vrai prénom, elle s'appelle Mahoko, comme tout le monde. Et Yoshimoto, comme son père, Takaaki Yoshimoto, critique littéraire, philosophe de renom. Elle dit qu'elle a choisi Banana parce que c'est sexless comme prénom, bon, ça dépend des gens. Banana est une star parce que ses livres se vendent parfois à deux ou trois millions d'exemplaires, qu'on en fait des films à succès et qu'elle recommence, à 32 ans, elle est à la tête d'une douzaine de titres et de presque autant de succès. Banana est une star tranquille, on ne la reconnaît pas dans la rue, forcément, elle refuse de passer à la télévision.
Banana n'est pas pimbêche, elle est toute simple, timide, des mains très fines qu'elle porte à son menton lorsqu'elle réfléchit, toutes les Japonaises bien élevées font ainsi. Elle porte un pull de laine écrue, un sac en papier avec ses petites courses et boit du chocolat chaud. Tout lui paraît naturel, le succès, l'ennui, la solitude, l'argent, c'est arrivé si vite: «A 3 ou 4 ans j'avais décidé d'être écrivain, je voyais mon père, je ne savais pas qu'on pouvait travailler hors de chez soi, j'écrivais, ma soeur aînée faisait de la peinture, voilà tout.» (Aujourd'hui, la soeur de Banana se fait appeler Haruno Yoiko, qu




