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Libération
Critique

Trois femmes de la nouvelle génération, une éducation exquise,ce qui n'exclut de leurs écrits ni cruauté ni crudité. Les Japonaises en première ligne. Matsuura de la tête au pied. Matsuura Rieko est soi- disant déçue que l'héroïne de «Natural Woman» soit vue comme parangon de l'homosexualité féminine et dit rêver le corps de la femme dépouillé de sexe et de séduction.

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Publié le 13/03/1997 à 0h03

Tokyo envoyé spécial,

Matsuura Rieko est née en 1958 à Ehime, dans l'île de Shikoku, à plus de six cents kilomètres au sud-ouest de Tokyo qu'elle rejoint à 19 ans comme tous les jeunes gens de son âge qui veulent étudier: «J'ai choisi la littérature française, j'avais lu Jean Genet à 15 ans et j'ai eu soudain envie de pouvoir le lire dans le texte.» Aujourd'hui Rieko ne connaît toujours pas un mot de français mais elle est devenue un des écrivains les plus originaux de son pays. Elle a publié son premier texte à 20 ans, le Jour des funérailles, aussitôt couronné par le prix Bungikai Shinjin Sho, elle récidive deux ans plus tard avec Sébastien, inspiré par le culte que Mishima voua au saint transpercé, qui est sélectionné pour le fameux prix Akutagawa mais ne l'obtient pas, au contraire, il est vivement critiqué, et Matsuura Rieko perd tout contact avec le monde de l'édition pendant cinq ans: «Je regrette d'avoir publié si vite, j'étais ignorante.»

En 1987, les deux premières parties de Natural Woman paraissent dans la revue Bungei, puis le livre est édité dans la forme qu'il présente aujourd'hui en édition française, avec ses trois parties. Malgré une modeste diffusion, 9 000 exemplaires, le livre marque les esprits par la liberté affirmée d'une femme à dire son désordre amoureux, son désir de sensualité partagée avec d'autres femmes, installée dans un monde réel, contemporain, nu, et servie par une force d'écriture à la fois modeste et puissante. L'homosexualité sensuelle et

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