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Libération
Reportage

Villa frustre. Sur un terrain choisi par Paul Claudel s'élève à Kyoto la villa Kujoyama, version nippone et plutôt austère de la villa Médicis. Visite.

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Publié le 13/03/1997 à 23h25

Kyoto envoyé spécial,

On dit que Kyoto abrite 1 650 temples bouddhistes, 400 sanctuaires shintoïstes, au point qu'on a parfois l'impression du contraire, ce sont les temples qui abritent la ville. Ainsi, une petite chapelle de culture française devrait y passer inaperçue, d'autant qu'elle niche dans un pli discret de la montagne Kuijo, à l'écart de la ville, sur un terrain choisi en 1927 par Paul Claudel alors ambassadeur de France au Japon, mais non, son architecture spectaculaire, belle, vaguement «néolecorbusière» (en 1992, il était temps) et résolument inhabitable désigne la villa Kujoyama à l'étonnement: la religion pratiquée ici vous a des airs ésotériques, on appelle cela la culture française. Kyoto et Paris sont villes jumelées. Mais il faut défier les apparences, la villa Kujoyama n'est pas un temple, c'est un outil. Un outil au service de la présence de la culture française au Japon et une opportunité offerte aux artistes français qui voudraient «mettre en oeuvre la réalisation d'un projet spécifique s'inscrivant dans la réalité japonaise». En vérité, le terrain repéré par Claudel pour y édifier l'Institut franco-japonais du Kansaï (le Kansaï est la région de Kyoto et d'Osaka) est resté en friche jusqu'en 1986, l'Institut ayant trouvé sa place au coeur du quartier universitaire de la ville. Et lorsque naquit le projet de créer au Japon une «modeste villa Médicis», on réveilla la vieille recette de l'écrivain diplomate: contenant japonais -contenu français, on appel

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