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Editer malgré tout.

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Sans protection, en plein coeur d'Alger, Hamid Bousselham poursuit depuis cinq ans et le plus sereinement possible son travail d'éditeur.

Publié le 20/03/1997 à 23h01

A tous ceux qui croiraient que publier des livres en Algérie est

aujourd'hui impossible, Hamid Bousselham offre un contre-exemple. En cinq ans et de manière un peu miraculeuse dans un pays ensanglanté par la guerre civile, il a créé une maison d'édition et réussi à faire paraître une quarantaine de titres, principalement axés sur l'histoire coloniale et postcoloniale de l'Algérie. Installée en plein centre d'Alger, sa jeune maison s'appelle Rahma ­ la «miséricorde» en arabe, ce qui ne manque pas d'ironie. Invité par l'émission Qu'est-ce qu'elle dit, Zazie? de FR3, il a profité de son passage à Paris pour rencontrer ses confrères français au Salon du livre.

Algérois né en 1951 et rentré au pays au début des années 80 après des études de sciences politiques à Paris, Hamid Bousselham a commencé par ouvrir une librairie à Alger. Il profite de l'évolution «libérale» du régime pour se lancer dans l'édition au début de la décennie suivante: la Lettre aux Français de l'émir Abd el-Kader, texte selon lui symbolique de la tradition de «tolérance musulmane», est le premier qu'il édite: il est aussi emblématique de son projet éditorial.

Passionné par l'histoire de son pays, Hamid Bousselham publie ensuite l'essai de Benjamin Stora sur Messali Hadj, le père du nationalisme algérien, combattu ensuite par le FLN: sujet jusque-là tabou en Algérie, mais le livre sort sans encombre. Hamid Bousselham continue avec une biographie de Abane Ramdane, qu'il appelle «le Saint-Just de la révolution alg

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