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Critique

Les dix affranchis. En dix nouvelles de dix auteurs, de Virginie Despentes à Marie Darrieussecq, une anthologie subjective proposée par «les Inrockuptibles» Collectif. Dix. Grasset/ Les Inrockuptibles, 230 pp., 80 F.

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Publié le 27/03/1997 à 22h38

Voici dix textes, de dix jeunes écrivains, publiés à l'enseigne

commune du magazine les Inrockuptibles: un manifeste, une école, une nouvelle génération? Non, insistent les deux anthologistes Sylvain Bourmeau et Marc Weitzmann, seulement dix (jeunes) écrivains qui tentent de «s'affranchir, à tous les sens du terme», et dont les textes tourneraient autour d'une «articulation nouvelle entre subjectivité et réalisme». Il y a donc là, et par ordre d'apparition, Virginie Despentes, Lorette Nobécourt, Michel Houellebecq, Caroline Lamarche, Eric Faye, Marie NDiaye, Lydie Salvayre, Stéphane Zagdanski, Dominique Meens et Marie Darrieussecq: six femmes et quatre hommes, une fois n'est pas coutume, ayant tous déjà publié un, voire plusieurs romans, dans des genres très différents.

«La littérature s'arrange de tout, s'accommode de tout, fouille parmi les ordures, lèche les plaies du malheur. Une poésie paradoxale, de l'angoisse et de l'oppression, a donc pu naître au milieu des hypermarchés et des immeubles de bureaux. Cette poésie n'est pas gaie; elle ne peut pas l'être.» Seul texte de non-fiction du lot, Approches du désarroi de Michel Houellebecq pourrait servir, s'il en fallait un, d'étendard collectif: de fait, nos dix auteurs ne sont pas d'une grande gaieté, quand ils ne sont pas franchement noirs ou morbides comme ceux de Virginie Despentes, Lorette Nobécourt ou Lydie Salvayre. Michel Houellebecq appelle aussi de ses voeux «une sorte de révolution froide», de «position esthétique»

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