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Libération
Critique

Une vieille paire de Michon.

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Mythologies d’Irlande et du causse Méjan, hommages à Balzac, Faulkner et Cingria : deux recueils réunissent des textes anciens mais jusque-là épars.

Publié le 27/03/1997 à 22h38

Pierre Michon est vivant. Bel et bien et bon vivant. Oui, et grand bien lui et nous fasse, mais, comme Pierre Michon publie plus qu’il n’écrit, ses «nouveautés» ressemblent parfois à des entourloupes d’exécuteurs testamentaires: ces manuscrits mal corrigés, ou si parfaits qu’on les a déjà publiés cent fois, ces feuillets qui dépassent des poches des agonisants célèbres ou prometteurs et dont de faux héritiers s’emparent pour en tirer des royalties de requiem, tant que le de cujus est encore tiède.

Mais Pierre Michon pète de santé, il est le propre pickpocket de ses fonds de tiroir. Et des deux livres qui paraissent aujourd'hui aux éditions Verdier on peut recopier ici l'exhaustivité des phrases inédites. Dans Mythologies d'hiver: «Le texte Trois Miracles en Irlande est paru dans L'imaginaire, c'est l'Irlande, Maison du livre et des écrivains- Montpellier, 1996; Neuf Passages du causse dans Causses et vallées, Presses du Languedoc, 1994», page 6. Et, dans Trois Auteurs: «Le temps est un grand maigre est paru dans Balzac, Un début dans la vie, P.O.L., 1993; la Danseuse dans la Nouvelle Revue française, n°491, décembre 1993; le Père du texte dans la Quinzaine littéraire, n°606, août 1992.» Voilà, à part ces références, on avait tout lu, ou presque, ou rien, enfin, tout avait été publié. On doit donc remercier l'éditeur d'avoir réuni ces éparses michonnades et surtout de maintenir dans l'actualité l'un des plus beaux prosateurs de notre langue et de la sienne surtout, qu'il garde

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