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Libération
Critique

La dernière fugue de Dora Bruder

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A travers l’enquête sur ses disparitions, Patrick Modiano dresse le mémorial d’une jeune fille juive déportée à Auschwitz et ajoute encore à sa propre biographie.

Publié le 03/04/1997 à 1h33, mis à jour le 03/04/1997 à 1h33

En 1988, en quête pour son travail de documents datant de l’Occupation, Patrick Modiano tombe sur une annonce parue dans Paris-Soir du 31 décembre 1941 : «On recherche une jeune fille, Dora Bruder, 15 ans, 1,55 m, visage ovale, yeux gris-marron, manteau sport gris, pull-over bordeaux, jupe et chapeau bleu marine, chaussures sport marron. Adresser toutes indications à M. et Mme Bruder, 41, boulevard Ornano, Paris.» Plus tard, Patrick Modiano retrouve le nom de Dora Bruder dans le Mémorial de la déportation des juifs de France, publié par Serge Klarsfeld en 1978. Il y découvre que Dora Bruder et son père Ernest, né à Vienne, apatride, ont fait partie d’un convoi parti du camp de Drancy le 18 septembre 1942. La mère, Cécile Bruder, Roumaine née à Budapest, partira pour Auschwitz le 11 février 1943. Aucun des trois ne reviendra.

Patrick Modiano sera hanté par cette histoire, à la fois précise et volatilisée, au point d’en faire aujourd’hui un livre, Dora Bruder. C’est le récit de son enquête pour retrouver la trace des disparus, depuis leur arrivée à Paris jusqu’à leur départ sans retour, en passant par l’épisode ayant entraîné l’avis de recherche dans Paris-Soir : la longue fugue de Dora, l’adolescente juive, en plein Paris allemand. Qui était Dora Bruder ? A quelle école allait-elle ? Pourquoi a-t-elle fui le domicile familial ? Comment a-t-elle survécu pendant sa longue escapade ?

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