Menu
Libération
Interview

Parlement international des écrivains. Soyinka président.

Réservé aux abonnés

C’est un écrivain lui aussi en danger, le Nigérian et prix Nobel Wole Soyinka, qui succède à Salman Rusdhie à la tête du Parlement international des écrivains. Entretien.

ParAntoine de GAUDEMAR
Strasbourg envoyé spécial
Publié le 03/04/1997 à 1h31

Au moment où il succède à Salman Rushdie à la tête du Parlement international des écrivains (lire ci-dessous), Wole Soyinka connaît à nouveau de graves difficultés avec son pays natal, le Nigeria. Au début du mois de mars, le Prix Nobel de littérature 1986, âgé de 63 ans, a en effet été inculpé avec treize autres de ses concitoyens de «haute trahison» par un tribunal de Lagos. Tous risquent la peine de mort. La junte militaire du général Abacha, au pouvoir depuis 1993, l’accuse d’être l’un des instigateurs des attentats à la bombe qui ont frappé le Nigeria ces derniers mois. Même s’il s’agit pour lui d’une «mascarade», les menaces augmentent donc d’un cran contre cet opposant de longue date aux régimes militaires qui se sont succédé au Nigeria: en 1965, Wole Soyinka lance un appel à la radio contre le féodalisme; pendant la guerre civile, il se rend chez les «rebelles» biafrais; de 1967 à 1969, il est en prison où il écrit Cet homme est mort; en 1983, il est expulsé manu militari du pays, où il retourne quelques années plus tard; en1993, il appelle au boycott des impôts. Aujourd’hui, il vit en exil: il a quitté clandestinement le Nigeria en novembre 1994, après que le régime lui eut confisqué son passeport, l’empêchant ainsi de se rendre à la réunion du Parlement international des écrivains de Strasbourg. Quelques mois plus tard, l’écrivain Ken Saro-Wiwa et neuf autres militants du Mouvement pour la survie du peuple ogoni, minorité ethnique du Nigeria vivant dans l’estuaire

Dans la même rubrique