Fondé en novembre 1993 à Strasbourg par une soixantaine d'écrivains
pour «organiser une solidarité concrète avec les écrivains persécutés», et présidé depuis par Salman Rushdie, le Parlement international des Ecrivains s'est réuni du 26 au 28 mars dans la capitale alsacienne, contribuant ainsi à la mobilisation générale contre le Front national. «Cosmopolites de tous les pays, encore un effort!», proclamait l'affiche de ces troisièmes rencontres du PIE, en référence à un texte du même nom de Jacques Derrida, et lors de la réunion publique vendredi soir à l'Opéra du Rhin (cf. Libération du 31 mars 1997), les différents orateurs du Parlement ont tous dénoncé le parti de Jean-Marie Le Pen.
Pendant deux jours, les membres du Parlement ont fait le point sur leurs activités. La plus spectaculaire d'entre elles est sans doute la constitution en deux ans d'un réseau de «villes-refuges». Vingt-quatre villes à travers l'Europe sont prêtes aujourd'hui à accueillir pour des séjours de six mois à un an des écrivains contraints à l'exil et à leur fournir appartement et bourse de subsistance: ont répondu à l'appel Strasbourg, La Rochelle et Caen, Barcelone, Séville et Valladolid, Stavanger, Göteborg et Helsinki, Berlin, Bonn et Francfort, ou encore Amsterdam, Venise et Graz, en Autriche. Une dizaine d'écrivains sont déjà en résidence, comme l'Algérien Amine Zaoui à Caen ou l'Albanais Bashkim Shehu à Barcelone.
La capitale catalane accueille par ailleurs depuis quelques mois au sein de son Ce




