Cinquante ans après la découverte par un bédouin à Qoumrân, près de
Jéricho, des «manuscrits de la mer Morte», les éditions du Cerf publient sous la direction d'Ernest-Marie Laperrousaz un ouvrage collectif sur cette plongée archéologique majeure pour l'étude de l'histoire biblique (1). Spécialistes français et étrangers et archéologues racontent leurs souvenirs et dressent le bilan d'une des aventures scientifico-religieuses les plus saisissantes de l'après-guerre. Une saga émaillée de violentes polémiques provoquées par la lenteur de la publication des manuscrits par l'équipe internationale qui en était chargée. Ces atermoiements avaient conduit certains chercheurs à suspecter une «conspiration vaticane», l'étouffement d'une «bombe théologique» révélée par les écrits de Qoumrân, susceptible de remettre en cause la Vulgate chrétienne. Historien , spécialiste français de la question, Ernest-Marie Laperrousaz tire les enseignements de cette quête passionnelle.
Quelle vérité d'Evangile peut-on tirer des manuscrits de la mer Morte un demi-siècle après leur découverte?
Grâce à Qoumrân, nous avons remonté de mille ans dans la Bible hébraïque. Auparavant, nous ne disposions que du codex dit du Caire, datant de 953 après J.C., qui ne contenait que les écrits sur les Prophètes selon le canon juif. Avec les manuscrits de la mer Morte, nous avons en main tous les textes bibliques hébraïques, parfois en plusieurs exemplaires, en dehors du livre d'Esther. On a enfin trouvé des textes rete




