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Interview

«Tous les drames viennent du silence».

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Publié le 03/05/1997 à 2h49

tout au long de votre oeuvre, on retrouve les mêmes noms de

personnages, de lieux. Pourquoi? Pour montrer une sorte de «comédie humaine»? Non, l'idée de comédie humaine est trop énorme, on pense tout de suite à Balzac et au grand roman du XIXe . Mon univers est beaucoup plus dérisoire. J'ai repris les mêmes noms pour donner une unité de surface à mon travail. Dès le début je savais que je garderais Fantoine et Agapa: ce sont des lieux pourtant complètement imaginaires même si au fur et à mesure de ma vie, j'y ai intégré des paysages tourangeaux ou genevois. Je ne sais pas où ces endroits se trouvent, je n'ai pas de plan, je n'en veux pas, je n'aime pas le roman réaliste ni la psychologie, et il m'est arrivé de modifier cette géographie imaginaire d'un livre à l'autre. Par exemple, j'ai pu installer la mer pas très loin de chez M. Songe, j'avais en tête un coin que je connais bien près de Saint-Raphaël dans le massif de l'Estérel. C'est pareil pour les noms: je les garde depuis le début mais ils ne recouvrent pas forcément exactement les mêmes personnages. Mortin n'est pas toujours le même. Ou encore je peux le faire mourir puis revivre dans un autre livre.

Comment vous sont venus ces noms?

C'est très difficile de parler de leur origine. Agapa viendrait d'Agay, où mon père avait une petite maison, près de Saint-Raphaël, là où habitait la soeur de Saint-Exupéry mais je m'en suis rendu compte après coup. Quant à Fantoine, cela ne correspond à rien.

Pourquoi avez-vous tenu à une t

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