La vie est une aberration. Par amour, une femme accepte de prendre
l'identité d'une autre, assassinée pour l'occasion. Par faiblesse, une autre revient voir une dernière fois l'homme qu'elle a aimé, autrefois, avant qu'ils soient tous les deux séparés par la guerre: fatale erreur. Un architecte construit une ville invivable, mais sans asile pour enfermer tous ceux qui y tombent fous. Inconsolable après la mort de sa femme, un homme enlève le bébé de son meilleur ami, chez qui il s'est réfugié. Un astronome qui a fui sa femme et ses enfants pour une île déserte abat l'un de ses fils venu le retrouver. Un vieil homosexuel accompagne au bout de la débâcle l'un de ses plus anciens protégés, escroc de haut vol ayant conquis ses richesses du fait de sa beauté, et décidé à se venger de l'humanité, quand sa beauté disparaissant, il n'est plus animé que par le ressentiment et la méchanceté. C omment des vies apparemment normales basculent-elles tout à coup dans l'aberration du destin? Qu'est-ce qui rend possible ces dysfonctionnements, ces déraillements, ces errements? C'est ce que semble se demander Bernardo Carvalho à travers les onze nouvelles étranges qui composent son premier recueil traduit. A mi-chemin du thriller ou du fantastique, en lecteur averti de Borges, ce jeune écrivain brésilien (il est né en 1960 et a publié deux romans depuis Aberration) explore ainsi les failles et le faux, l'univers des blessures secrètes et des maladies de la civilisation. Ses personnages sont p




