Autour de l’exposition Paris-Bruxelles (1848-1914) qui se tient au Grand Palais jusqu’au 14 juillet prochain, les parutions fleurissent. Outre le superbe catalogue qui accompagne cette manifestation et restera le livre de référence (1), les éditions Séguier (2) et l’éditeur belge Complexe ont tout fait pour que cette manifestation ne reste pas «lettre morte».
Le lecteur pour qui la Belgique littéraire évoque immédiatement la période surréaliste aura intérêt à se plonger dans les deux anthologies de Complexe. La Belgique artistique et littéraire de Paul Aron s'ouvre sur les regards croisés de la Belgique et de la France. Une première partie «Touristes» rassemble Hugo, Nerval, Dumas, Mirbeau, et offre des textes moins attendus que ceux de Baudelaire ou de Verlaine. La question qui obsédait l'avocat socialiste Edmond Picard, celle de «l'âme belge», texte publié en France en juillet 1897 dans un dossier spécial que la Revue encyclopédique consacrait à la Belgique, ouvre une partie consacrée à une nation qui naît en 1830 et qui est alors en quête de son identité.
Paris-Bruxelles, il en est bien sûr question dans les courants artistiques et littéraires belges dont cette anthologie rassemble pour la première fois les textes canoniques et les manifestes (Van Rysselberghe, Rops, Maus, Ensor, Horta, Van de Velde). Académisme, art pour l'art, naturalisme, art social, symbolisme, toutes ces esthétiques ne sont pas en Belgique une acclimatation des mouvements européens mais une intonation




