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Libération
Critique

Le tombereau de Lénine

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Né d'un collectif d'historiens, «le Livre noir du communisme» offre pour la première fois un panorama mondial d'un des deux totalitarismes qui ont déchiré le siècle. Un bilan de la saga sanglante inaugurée par Lénine, et qui fit depuis 1917 des dizaines de millions de morts.

Publié le 06/11/1997 à 13h53

Il est dommage qu'avant même sa publication ce bilan (provisoire

mais impressionnant) des méfaits commis sous l'enseigne du communisme ait donné lieu à des empoignades entre les coauteurs de l'ouvrage sur la vraie nature du communisme et de ses crimes, son rapport au nazisme (lire ci-après). Non pas que le débat ne mérite pas d'être poursuivi, dans la foulée d'un François Furet qui avait promis avant sa mort d'écrire une préface. Mais parce qu'il risque, à ce stade, d'occulter l'énorme apport de ce Livre noir à la connaissance des crimes, de la terreur et de la répression dont l'immense majorité des dirigeants communistes se sont rendus responsables, parfois avant mais toujours après avoir accédé au pouvoir. La polémique est d'autant plus regrettable que ce livre rompt heureusement avec l'étrange aphasie qui affectait la plupart de nos historiens et nous offre pour la première fois un panorama général, aussi précis et différencié que possible, d'un des deux totalitarismes qui ont marqué le siècle au fer rouge. Le Livre noir, en effet, traite non seulement du léninisme et du stalinisme (Nicolas Werth), du Komintern, notamment pendant la guerre d'Espagne (Stéphane Courtois et Jean-Louis Panné), du terrorisme (Rémy Kauffer), du cas particulier de la Pologne (Andrzej Paczkowski) et des autres pays d'Europe centrale et orientale (Karel Bartosek) mais aussi du communisme asiatique ­ Chine, Cambodge, Laos et Viêt-nam (Jean-Louis Margolin), Corée du Nord (Pierre Rigoulot), sans oubli

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