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Interview

Matessis sur l'Olympe. Rencontre avec le Grec Pavlos Matessis dont les héros de la mythologie païenne et désespérée de son deuxième roman se prennent pour des dieux . Pavlos Matessis. L'ancien des jours.Traduit du grec par Jacques Bouchard, Actes Sud, 216 pp., 118 F.

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Publié le 13/11/1997 à 13h49

Athènes, envoyé spécial.

A 66 ans, Pavlos Matessis a déjà eu deux vies, d'une égale durée, séparées à l'âge médian de 33 ans par ce petit matin que nous dirons. Et ce n'est pas fini, puisque, dit-il, l'immortalité est une spécialité grecque. Sa première vie commence en 1931, et peut-être un peu avant avec le mariage de ses parents, un mariage dont il se serait passé puisque ses parents ne s'aimaient pas, un mariage d'intérêt, de pauvre intérêt. Un père professeur et une mère aimante, malheureuse, quatre enfants. Pavlos Matessis est né en 1931 à Divri, dans le Péloponnèse. Et de cette première vie, il faudrait encore faire deux moitiés, l'enfance et l'adolescence jusqu'à la fin de la guerre civile en 1949, dont il ne lui reste que le malheur et l'amour de sa mère, les déménagements au gré des affectations du père, et la misère, la honte d'avoir faim. Puis quinze années à Athènes dans l'habit gris de l'employé modèle de la Banque nationale de Grèce. Jusqu'à ce beau matin: «J'étais un jeune homme très docile. Mes frères et soeurs avaient fait leur vie, moi, j'habitais chez mes parents. Ma mère est venue me réveiller, comme chaque jour, c'était une sainte, une femme très poétique, nous étions une famille de silence, nous ne parlions pas, rarement. Mais ce matin-là, sans savoir pourquoi, je savais que j'allais le lui dire, et je savais qu'elle se mettrait en colère. Je lui ai dit: "Maman, tu sais, ce matin je ne vais pas à la banque, je n'irai jamais plus à la banque. Et, au lieu

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