Six millions et demi de signes, 1 816 pages, 45 000 entrées, dont 20
000 ne figurant dans aucun autre dictionnaire, 450 clichés noir et blanc, 54 illustrations en couleurs, l'oeuvre d'une vie, la vie d'un homme, Marcel Lachiver. Ce jour de mars 1997, lorsque le professeur Lachiver, 63 ans, cardiaque, sort de chez son éditeur, Arthème Fayard, rue des Saints-Pères, dans le sixième arrondissement de Paris, il est soulagé, il a remis l'exhaustivité de son manuscrit, avec toutes les instructions nécessaires à sa publication, il fait appeler un taxi, passe chez lui prendre quelques affaires, rédige son testament et se rend à l'hôpital d'où il n'est pas certain que son état de santé lui permettra de ressortir sur pied. Déjà, son premier accident cardiaque en 1991 («Six jours de coma, et puis en fin de compte, c'est Yves Montand qui est mort, juste à ce moment, comme quoi...») lui avait fait prendre la décision de faire le livre avant qu'il ne soit trop tard. Aujourd'hui, Marcel Lachiver va mieux, il est serein, il dit: «Je n'écrirai jamais plus de livre, les deux compétences que j'ai acquises, l'histoire du vin et celle de la démographie,ont été épuisées par mes livres précédents, le dictionnaire, c'est autre chose, je l'ai écrit pour pouvoir le consulter, c'est plus pratique que les quarante boîtes à chaussures où je serre mes fiches.» Lachiver a écrit seul son dictionnaire après y avoir travaillé pendant cinquante ans, il a relevé le premier mot en octobre 1947, élève de quatrième




