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Libération
Critique

Toujours animateur d'ateliers d'écriture, François Bon est passé derrière les barreaux pour continuer avec «Prison» sa collecte du dire des autres. François Bon. Prison, Editions Verdier, 128 pp., 68 F. Impatience, Editions de Minuit, 96 pp., 65 F

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Publié le 12/02/1998 à 20h07

François Bon, avec ces deux petits livres donne une nouvelle

illustration du talent qu'ont les plus exigeants prosateurs français de cette génération (François Bon est né en 1953) à esquiver, à repousser la forme du roman, après s'y être coltiné sans exaucement.

Prison est le troisième livre que François Bon produit avec les Editions Verdier à partir de son travail d'animateur d'atelier d'écriture. Sang gris, en 1991, se présentait comme un recueil de textes écrits par une classe d'adolescents à La Courneuve. Quatre ans plus tard, C'était Toute une vie complique la simple collecte du dire des autres, une femme est morte dans cette petite ville de province, morte à 32 ans, et laissant derrière elle vingt-trois feuillets, sur les trois mille qu'il lui fallait pour dire sa détresse, François Bon, par mille précautions et sa propre douleur avait pris le relais (voir Libération du 21. 09. 95). Pour Prison, «prison» parce que cette fois l'atelier d'écriture se tient derrière les murs d'une maison d'arrêt près de Bordeaux, pour Prison aussi quelqu'un est mort, Brulin, à peine croisé, déjà mort, «planté» par un autre, à peine croisé, déjà meurtrier. Bon sait bien qu'à venir une heure chaque mardi, tâcher d'écrire avec des gens qui n'écrivent pas, qui écrivent soudain parce que quelqu'un de disponible leur dit qu'ils peuvent écrire, Bon sait bien qu'il n'est que de passage (tout comme eux l'espèrent, n'être que de passage en prison), que c'est une histoire attrapée en route, qu'il faud

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