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Libération
Critique

Deux autres plongées dans la culture populaire : Le rire du vitrier.

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Publié le 26/03/1998 à 21h28

«Journal de ma vie écrit pour moi en l’an 1764 Ménétra le tout sans ostentation et sans réflexion Ecrire la vérité selon moi cela doit être ni parler d’armes et de blasons oublier ce qu’étaient ses ancêtres et de ces vains titres n’en décorer son nom» : ainsi commence le journal de Jacques-Louis Ménétra, compagnon vitrier du XVIIIe siècle, récit étranger à la culture des lettrés où cet artisan parisien raconte, avec une certaine désinvolture de ton et de style («je vais écrire toutes mes petites fredaines», dit-il dans ce texte écrit sans ponctuation et sans rature aucune), son enfance, son apprentissage, sa vie de compagnon et sa vie de militant pendant la Révolution française. Publié pour la première fois en 1982 aux éditions Montalba, richement édité et commenté par Daniel Roche, préfacé par Robert Darnton, ce journal est comme le dit ce dernier «un rêve d’historien devenu réalité». Au moins pour deux raisons : d’une part parce que les documents présentant un tel intérêt et parvenus jusqu’à nous se comptent sur les doigts d’une main, et d’autre part parce que le talent propre de ce compagnon vitrier rend son histoire, aussi «captivante - aussi étrange et mystérieuse, à sa manière, que les Confessions de Rousseau». Venu d’un «monde presque inaccessible», ce témoignage unique - Daniel Roche parle de «fulgurance solitaire» et d’«écriture libertaire» - pose la question du surgissement autobiographique chez l’homme du peuple et surtout celle de l’inquiétante étrangeté qu’engen

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