Quelle est l'origine personnelle de votre passion pour la Chine? (1)
Un hasard de l'existence m'a amené à visiter la Chine à l'âge de 19 ans, pour un reportage (j'étais rédacteur d'une revue d'étudiants à l'université de Louvain). A la veille de ce voyage, la découverte de la poésie Tang (dans les belles traductions de Lao Ta-Kang) et de la peinture Song (dans une édition originale des grands volumes de Siren) a été une révélation décisive. Et durant ce bref voyage (un mois) une évidence s'est imposée: il fallait absolument et immédiatement apprendre le chinois. Je m'y suis attelé dès le retour; et tout le reste a découlé.
Quand et comment cet intérêt pour la Chine «éternelle» a rencontré la Chine réelle?
Je n'ai jamais rencontré et fréquenté qu'une seule Chine. J'ignore si c'est celle que vous appelez «éternelle» ou «réelle». Je doute que deux adjectifs, ou douze adjectifs, ou douze douzaines d'adjectifs puissent en épuiser les aspects contradictoires et multiples.
Comment vous est venue l'idée de tenir la chronique de la Révolution culturelle?
Un autre hasard de l'existence a fait que je vivais à Hong-kong à ce moment-là. On était aux premières loges.
Quelle est l'origine de votre pseudonyme?
Il me fallait un pseudonyme qui n'ait pas l'air d'un pseudonyme pour la masse des lecteurs, tout en étant une sorte de clin d'oeil à l'adresse des initiés. Dans le roman de Segalen, René Leys, le personnage qui donne son nom au livre est un jeune Belge établi à Pékin, dont le narrateur ne pa




