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Critique

Décembre rouge.

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Les petits pavés de Bourdieu

Publié le 16/04/1998 à 22h58, mis à jour le 16/04/1998 à 22h58

Se disant peu enclin aux déclarations prophétiques, Pierre Bourdieu n'aurait pas rassemblé dans Contre-feux la plupart de ses interventions publiques depuis 1995 s'il n'avait pas eu «chaque fois, le sentiment, peut-être illusoire, d'y être contraint par une sorte de fureur légitime, proche parfois de quelque chose comme un sentiment du devoir». A côté de nouveaux commentaires sur le cynisme des médias ou sur l'«intellectuel négatif» incarné selon lui par Bernard-Henri Lévy à travers ses reportages en Algérie, l'essentiel de ces textes (dont deux ont été publiés dans Libération) concerne la politique. On y trouvera notamment la déclaration de Pierre Bourdieu à la gare de Lyon, lors des grèves de décembre 1995, dans lesquelles il voit «une chance historique pour la France et sans doute aussi pour tous ceux, chaque jour plus nombreux, qui, en Europe et ailleurs dans le monde, refusent la nouvelle alternative: libéralisme ou barbarie.» Un an plus tard, à Athènes, devant la Confédération générale des travailleurs grecs, il s'en prend à tous ceux, hommes politiques, journalistes, intellectuels qui pensent «qu'il n'y a rien à opposer à la vision néo-libérale», alors que cette «inévitabilité» peut être combattue, à tous les niveaux, y compris par les chercheurs. Car les tenants de la «révolution conservatrice», explique-t-il à la séance d'ouverture des Etats généraux du mouvement social en novembre 1996, «s'arment de théories, et il s'agit, me semble-t-il, de leur opposer des armes

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