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Cubamania

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Longtemps confiné aux auteurs en cour à La Havane, le goût occidental pour la littérature cubaine s'est à présent déplacé vers les dissidents, avec Reinaldo Arenas en précurseur et Zoé Valdés en figure de proue.

Publié le 23/04/1998 à 23h26

Miami, de notre correspondant

c'est une question de persévérance.» A en croire Guillermo Cabrera Infante, c'est presque à l'usure qu'il aurait remporté, en décembre dernier, le prix Cervantès, qui lui sera remis aujourd'hui à Madrid. Soit. Mais, depuis qu'Eliseo Alberto, 47 ans seulement, scénariste du film Guantanamera exilé à Mexico, s'est vu décerner, en février, le prix espagnol Alfaguara et qu'il a empoché les 175 000 dollars correspondants, force est d'admettre que les écrivains cubains tiennent la vedette de l'édition hispanique. Andres Jorge, autre Cubain de Mexico, n'a-t-il pas remporté, en novembre, le prix Mortiz dans son pays d'adoption? Le même mois, le prix espagnol Café Gijón est venu récompenser Matias Montes Huidobro, un Cubain de Hawaii. Dernière en date à être consacrée à Madrid, la romancière et poétesse Daina Chaviano a reçu le prix Azorín (65 000 dollars), en mars, pour son livre El Hombre, la hembra y el hambre (l'Homme, la femme et la faim, chez Planeta). Elle est le premier auteur cubain résidant à Miami à décrocher un grand prix littéraire. Une exception qui souligne crûment la règle: zélateurs présumés des milieux anticastristes dits «d'extrême droite», les auteurs installés en Floride restent les parias d'une internationale des lettres volontiers indulgente envers le Lider Maximo.

La France n'échappe pas à cette «Cubamania». Eduardo Manet a obtenu l'Interallié 1996 pour Rhapsodie cubaine (Grasset), rédigé en français, et Zoé Valdés, qui vit à Paris

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