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Libération
Critique

Le jardin des supplices. Cruauté exquise du bourreau sur sa victime pour un premier roman de Vincent Landel. Vincent Landel, Place de l'Estrapade, La Table Ronde, 96 pp., 75 F.

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Publié le 21/01/1999 à 23h15

La place de l'Estrapade est une adresse à Paris, près du Panthéon,

plantée de treize catalpas; c'est aussi un nom commun, dans le Petit Robert: «Supplice qui consistait à suspendre le condamné au sommet d'une potence par une corde qu'on laissait brusquement se dérouler jusqu'à ce qu'il fût près du sol.» Page 83 du livre, on lira quelques variantes, dont l'estrapade de mer, à cette torture fatale, car c'est un livre raffiné, disons que cette définition permet à l'hypocrite de feindre de n'avoir pas raconté la fin du livre, ce qui n'a aucune importance. Place de l'Estrapade est un livre de haine, comme il y a des livres d'amour. Ce sont d'ailleurs les mêmes, seules les proportions changent.

L'histoire dite par ce premier texte édité de Vincent Landel est résumée dans les premières lignes du chapitre quatre: «Laure était morte et Léoville avait beaucoup maigri. Elle avait revu Brunhile et dormi avec lui. Elle était la femme de deux hommes, un transi pauvre et un riche qui se languissait. Un enfant était né. C'était maintenant un garçon de quatre ans qui ne savait pas qui était son père. Léoville trancha: il prit l'enfant, et séquestra Brunhile avec la pensée de lui faire payer d'avoir étranglé Laure dans un accès de jalousie. Il le mit dans sa cave, où il lui apportait chaque soir, aux alentours de sept heures, une platée de nouilles sans sel et sans beurre», page 29. Tout ce qui précède est de l'amour, tout ce qui suivra de la haine. De la haine nourrie de chagrin.

Mais la haine

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