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Critique

Une vision Dantec

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Mafias et sectes, chaos climatique et chercheurs fous ,clones et virus: en 2013, la planète de «Babylon babies» est encore plus mal en point qu'aujourd'hui .

Publié le 25/03/1999 à 0h16

Babylon babies, le troisième roman de Maurice G. Dantec, s'ouvre par une avalanche éclectique de remerciements: on y trouve en effet, parmi un grand nombre d'inconnus et de groupes techno-rock (P.J. Harvey, Garbage, Portishead, Prodigy, NIN, Massive Attack) rappelant son autre activité de musicien, le philosophe Gilles Deleuze et l'auteur de SF Norman Spinrad, le musicien expérimental Richard Pinhas et le labo de physique quantique de Princeton, la Série noire et Jeremy Narby, «pour ses études sur l'ADN et les rites chamaniques». Non seulement cette liste en dit assez long sur les sources et les centres d'intérêt de son auteur, mais elle révèle aussi, en définitive, sa conception du roman: un ensemble ambitieux qui brasse dans d'épais volumes des genres littéraires populaires (le polar, la SF) avec un ensemble de questions philosophiques, scientifiques ou anthropologiques des plus pointues et des plus contemporaines.

Babylon babies est de cette trempe: se déroulant en 2013, il met en scène une planète encore un peu plus mal en point qu'aujourd'hui, ravagée par des guerres civiles sans espoir, le chaos climatique et l'explosion des mégapoles, où les Etats ne pèsent plus lourd face aux mafias et aux sectes de tout poil, où les avancées technologiques (que ce soit en matière de cybernétique ou de génétique) peuvent être au service des idéologies les plus régressives, et où les individus eux-mêmes ont le plus grand mal à survivre parmi les machines intelligentes (les «neuromatric

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