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Libération
Critique

Le livre de ma mère

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Dans «l'Appât», David Albahari joue sur trois registres qu'il mêle habilement: la vie de sa mère, l'Histoire et l'art de raconter les histoires.

Publié le 03/06/1999 à 23h19

Les trois livres de David Albahari qu'on a pu lire en français (le

Livre bref, Balzac-Le Griot, 1998, l'Appât, Gallimard 1999 et l'Homme de neige, à paraître chez Gallimard) ont été écrits pour être lus d'un seul élan, ils ne comptent qu'un paragraphe. D'autres, comme Tsing, le roman qu'il consacra à son père, sont constitués de fragments, éclatés, le regard du lecteur doit y développer une énergie de rassembleur. David Albahari se définit comme un écrivain post-moderne et comme le mot semble libre de toute signification, il précise: «Pour un écrivain post-moderne le monde est un texte écrit dont il doit relever quelques lambeaux. Tout est question de forme, et le lecteur est un partenaire dont on est en droit d'espérer un effort. J'aime les livres d'un seul paragraphe pour trois raisons, tout d'abord parce que plus profond vous allez, moins vous avez le droit d'abandonner, le lecteur doit accepter ce jeu, ce n'est pas un jeu, une sorte de lecture en apnée, ensuite j'aime que les pages soient noires, qu'on puisse ouvrir le livre n'importe où et qu'il paraisse rempli, plein à ras bord, cela peut sembler bizarre puisque je n'écris que des romans très courts, mais il me semble que si on n'a pas dit ce qu'on avait à dire en cent pages ce n'est pas la peine d'insister. La troisième raison, peut-être ne devrais-je pas la dire: mon admiration pour Beckett, pour Thomas Bernhard et leurs livres denses de deux ou trois paragraphes. Mais je n'ai pas d'illusion, on utilise un langage li

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