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Loin des bombes

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Serbe juif né au Kosovo en 1948, David Albahari vit depuis cinq ans au pied des montagnes rocheuses canadiennes à Calgary. Rencontre avec un écrivain ni exilé, ni réfugié, ni persécuté, simplement expatrié «pour ne pas laisser passer la chance d'écrire».

Publié le 03/06/1999 à 23h19

Calgary, envoyé spécial

David Albahari vit à Calgary. Il écrit des livres. Personne n'est parfait. Il est juif, il est serbe, il est né au Kosovo, en 1948. Calgary est une grande banlieue de 800 000 habitants autour d'un petit centre-ville de 10 000 âmes, au pied du versant est des montagnes Rocheuses, dans le grand Ouest canadien, ça fait loin pour un Serbe, ça fait loin pour tout le monde.

Calgary est réputé pour ses hivers, on y organisa des Jeux olympiques en 1988. Calgary est bien connu pour ses étés, l'an passé, c'était un jeudi. Calgary est une morne plaine de plein vent à mille mètres d'altitude, et, si les rivières Bow et Elbow ne s'y rencontraient pas, le colonel James F. McLeod, lorsqu'il y parvint en 1875, à la tête d'un détachement de la police montée, épuisé de poursuivre trafiquants de whisky et chasseurs de buffles, eh bien, James McLeod, sans le confluent du Bow et de l'Elbow, de l'Arc et du Coude, il n'aurait jamais commandé qu'on y construise un fort, ne lui aurait pas donné le nom de la maison de ses ancêtres écossais, Calgary. Et David Albahari serait ailleurs, puisqu'il n'a pas choisi d'être là. En 1883, on vit arriver le train, le Canadien Pacific Railway, en 1886 on mit le feu à la ville, pas exprès, et l'on décida dorénavant de construire les maisons en pierre, d'où son surnom de Sandstone City. En 1912, on y organisa le plus grand rodéo (Stampede) de l'Ouest américain, il reste le plus spectaculaire aujourd'hui, d'où le surnom de Stampede City. En 19

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