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Libération
Critique

McCarthysme

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Par Cormac McCarthy, meilleur dialoguiste américain des deux côtés du Pecos, une romance light où on se passerait bien des personnages féminins.

Publié le 03/06/1999 à 23h20

«Je savais qu’on en arriverait là», bougonne Billy Parham au milieu des Villes dans la plaine, à cheval, au galop, sa boucle de lasso prête à attraper et faire exploser un chien prédateur en plein vol. «Dogropers» (des ramasseurs de clebs). Le passage sur cette peu banale fourrière est, avec un combat au couteau particulièrement éprouvant, le meilleur de ce dernier volet de la Trilogie des confins. Cette fois McCarthy n’est que trop conscient que les deux héros adolescents des deux livres précédents, John Grady Cole et Billy Parham, à peine vieillis d’une guerre mondiale qui les a à peine effleurés, sont devenus pour le public une sorte de Sundance Kid et Butch Cassidy. Pas même la version historique, mais la technicolor. Eux-mêmes en rigolent entre eux sur le mode de l’autodérision, tout en faisant leur fastidieuse ronde de cow-boys: «Range riders», dit l’un. «Pinkertons», renchérit l’autre. Un seul des deux fera de vieux os, finissant même par faire de la figuration dans quelques westerns autour d’El Paso.

Après la densité du Grand Passage et les attentes peu réalistes qu'elle avait fait naître, c'était sans doute une bonne idée pour McCarthy de donner dans le léger. Dans ses meilleurs passages (et il y en a beaucoup), ce livre offre les mêmes solides plaisirs que ces westerns modernes et comédies de corrals qui donnent généralement de bons petits films confidentiels. The High-Lo Country et The Rounders de Max Evans viennent tout de suite à l'esprit, ou The O

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