Menu
Libération
Critique

Plutôt mûrir. Fantaisie, cuisine et un zeste de sexe: six nouvelles de Banana Yoshimoto pour héros entre deux eaux, disponibles pour l'ennui comme pour le miracle. Banana Yoshimoto Lézard, Nouvelles traduites du japonais par Dominique Palmé et Kyôto Satô. Rivages, 160 pp., 100 F.

Réservé aux abonnés

Publié le 24/06/1999 à 23h07

Banana Yoshimoto, c'est son vrai nom, Yoshimoto. Banana non, son

prénom de baptême, si l'on peut dire, est Mahoko, elle nous disait avoir choisi Banana qui fit beaucoup pour sa renommée parce que c'est un prénom «sans sexe». Et elle s'y tient: sur les six nouvelles que contient Lézard, les trois premières sont narrées par des hommes, les trois dernières par des femmes. Oui, car Lézard est un recueil de nouvelles, assez digne pour que ce genre littéraire figure sur la couverture sans le dénaturer. Or, les éditeurs, comme ici Rivages, mais il n'est pas le seul, semblent répugner à afficher qu'ils publient des nouvelles. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, pensent-ils? Ou: ni vu ni connu, ça se vendra comme un roman (supposé se vendre mieux)? Allez savoir. Encore que Rivages ait l'intention de vendre, si l'on en croit les deux dernières douzaines de pages, 20% du volume, constituées pour l'essentiel du catalogue des publications étrangères de l'éditeur, et d'une petite main de pages blanches. Bref, en limitant le livre au texte de l'auteur, on économisait un bon cahier et, au bas mot, 15 francs par lecteur, comme vous y allez.

Surtout qu'avec Banana Yoshimoto, il n'y a aucune raison de s'économiser, il y en a toujours plus que pour l'argent: de la fantaisie, de la naïveté, de la cuisine, un peu de sexe, beaucoup de solitude partagée, de malheurs réunis et cette résignation boudeuse à ce que le Japon des villes, de Tôkyô, soit un pays tristement moderne. Les récitants de Banana ne

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique