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Critique

Hitler, premiers pas. Dans le premier tome de sa monumentale biographie, l'historien britannique Ian Kershaw retrace le parcours d'un homme médiocre et charismatique, qui a su exploiter toutes les aigreurs et ressentiments d'uneAllemagne exsangue . Ian Kershaw, Hitler 1889-1936: Hubris, Traduit de l'anglais par Pierre Emmanuel Dauzat. Flammarion, 1162 pp.,199 F

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Publié le 30/09/1999 à 0h56

Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Sheffield, Ian

Kershaw est, depuis quelques années, devenu un spécialiste incontesté du nazisme. Après une stimulante étude portant sur l'Opinion allemande sous le nazisme, (presse du CNRS), une historiographie du nazisme (Folio-histoire) puis une réflexion sur le pouvoir charismatique du Führer (Gallimard), il s'est lancé dans une monumentale biographie d'Adolf Hitler dont il propose aujourd'hui le premier tome, dont la remilitarisation de la Rhénanie (1936) forme le terme provisoire. Plus de 120 000 titres ayant été consacrés au maître du Reich, apporter du neuf frise la mission impossible. Kershaw, pourtant, relève le défi. Non qu'il apporte, d'un point de vue factuel, des révélations fracassantes, Kershaw confirmant, dans ses grandes lignes, la biographie bien connue du futur dictateur. Issu de la petite bourgeoisie, Hitler fut un élève médiocre et indiscipliné, en conflit ouvert avec son père, mais protégé par une mère qu'il adorait. Passant de longues heures à rêvasser, finalement décidé à devenir artiste puis architecte, il échoue aux examens d'entrée et vit à Vienne des années de bohème, sans toujours connaître la misère ­ hormis en 1909. C'est dans la capitale de l'Autriche-Hongrie qu'il s'éveille à la politique, développant dans le foyer qui l'abrite de longues diatribes antisémites, antiparlementaires et antisyndicales. La Première Guerre mondiale représente à ses yeux une bénédiction. Engagé, il montre un ind

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