Les Suédois commencent à s'habituer à ce genre de révélations, mais
cela fait toujours mal à l'ego. Question: peut-on acheter un prix Nobel? Non, quelle horreur. Mais rien ne coûte d'essayer. Le quotidien suédois Dagens Nyheter raconte comment une société de relations publiques de Stockholm avait reçu fin 1996 de l'Agence portugaise pour le tourisme et le commerce mission de mieux faire connaître la culture portugaise. Côté écrivain, leur choix s'était porté sur Antonio Lobo Antunes et José Saramago, lequel obtint le Nobel de littérature en 1998. «Le Portugal n'avait jamais eu de prix Nobel, dit le publicitaire Jerry Bergström au journal, et c'était l'un de nos objectifs de changer cela. "Faites connaître ces deux-là partout en Suède, m'avaient-ils dit.» En 1997, l'agence suédoise a ainsi organisé une tournée de Saramago en Suède (lectures à l'université et conférences de presse). Elle a également convaincu des journalistes nordiques de descendre à la Foire du livre de Francfort dont le Portugal était cette année-là l'invité. Sture Allen, l'ancien secrétaire de l'Académie suédoise qui décerne le Nobel de littérature, a balayé ces insinuations. «On pourrait dire qu'il a obtenu le prix en dépit de cette campagne. Nous lisons les livres et c'est la seule chose qui importe.» «Nous n'avons jamais eu le moindre contact direct avec l'Académie», assure Jerry Bergström à Libération. Et de s'étonner de ce tapage. «C'était une campagne très simple. Elle ne nous a pas coûté grand-chose.




