«Comme acteur pour Blueberry, Antonio Banderas serait parfait. Mais il faudrait lui casser le nez», dit Jean Giraud. Après trente ans de projets sans suite, «c'est Jan Kounen qui travaille actuellement sur une adaptation cinématographique du Spectre aux balles d'or.» Dans un coin du rez-de-chaussée de l'atelier de Jean Giraud, dans une impasse derrière Montparnasse, quatre cavaliers au galop, Coming Through The Rye, un bronze de Frederic Remington, maître de la peinture western. Sur une table, quelques esquisses d'une adaptation de la Divine Comédie de Gustave Doré («Adapter Dante, je ne me sentais pas»). Au premier étage, Jean Giraud, soixante et un ans, portant un T-shirt usé signé Moebius, s'applique sur son ordinateur à une mise en couleur de la Tempête, nouvelle adaptation de Shakespeare au cinéma.
Geronimo l'Apache, troisième album d'un nouveau cycle inauguré par Mister Blueberry, se déroule à Tombstone, dans l'attente d'un règlement de comptes à OK Corral. Blueberry fébrile, cloué au lit, soigné aux petits oignons par la chanteuse de saloon Doree Malone («J'étais amoureux de Dorothy Malone»), confie ses souvenirs à un écrivain de la côte Est pendant que Doc Holliday et Wyatt Earp affûtent leurs armes et que les Apaches rôdent dans la plaine. Depuis la mort, il y a dix ans, du scénariste Jean-Michel Charlier, le «Dumas de la BD» (Buck Danny, Tanguy et Laverdure, Barbe Rouge"), le destin de Blueberry repose entre les seules mains de Giraud. L'album est toutefois signé Ch




