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Critique

Bon train. Poteaux, pylônes, néons, canaux, brèves apparitions: souvenirs ferroviaires de jeudis entre Paris et Nancy. François Bon. Paysage fer. Verdier, 96 pp, 69 F.

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Publié le 13/01/2000 à 22h00

A force de voyages, allant parfois toucher l'un ou l'autre bout

lointain du monde, on en était revenu avec la triste conviction qu'on ne savait pas voyager, ni voir plus loin que le bout de son nez. Mais le train, oui, on savait prendre le train, on le prend chaque semaine, des heures durant, le nez collé à la fenêtre, ou dans un livre, toujours prêt à prétendre qu'on ne s'est pas endormi. Non, même de ce train, on n'a jamais rien vu. Le livre de François Bon refermé, on ne sait même pas si on regrette de ne pas l'avoir lu dans le train. Il nous aurait gâché le voyage, donné le torticolis, à vouloir sans cesse vérifier sur le vif ce qu'il écrit, et tant pis si ce n'est pas la même ligne, ne prétend-il pas lui-même que le plan de Vitry-le-François ne diffère pas fondamentalement de celui de La Roche-sur-Yon (au point qu'on s'imaginerait moins perdu dans l'une de ces villes avec en poche le plan de l'autre plutôt que rien)?

Pendant cinq mois, chaque jeudi, entre 8 h 18 et 11 h 02, François Bon a pris le train entre Paris et Nancy, assis dans le sens de la marche, à la place numéro 68 (on le suppose, on apprend seulement vers le milieu du livre qu'elle fait face à la 64), dans la première voiture, une voiture mixte (colis et voyageurs). On ne connaît pas le numéro du train (probablement le 1601), mais il est précisé page 69 qu'il fut tiré au moins une fois par la locomotive N°15021, et la semaine suivant ce relevé, par la 15052. 352 kilomètres de ligne en cent cinquante-quatre mi

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