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Critique

La première moustache de Salvador Dali. A quinze ans, le futur peintre confiait à son journal intime fanfaronnades et lieux communs. Et sa certitude d'être un génie. Salvador Dalí, Journal d'un génie adolescent, Traduit du catalan par Patrick Gifreu. Editions Anatolia/Le Rocher. 256 pp., 125 F.

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Publié le 17/02/2000 à 22h46

Il joue au foot, il a peur d'être interrogé quand il n'a pas appris

ses leçons, il attend la révolution mondiale, il assiste aux offices catholiques, il écrit des poèmes, il pense que la Sonate à Kreutzer est «un volcan», il s'appelle Dalí et rédige son journal entre 1919 et 1920. Le petit Salvador a 15 ans, ce qui explique peut-être pourquoi l'éditeur a préféré le titre Journal d'un génie adolescent, plus vendeur que celui imaginé par son auteur: Impressions et souvenirs intimes. Salvador Dalí est pourtant encore loin de son futur anagramme: Avida Dollars.

La découverte de ces textes est à la fois palpitante et anecdotique. Rien à voir en tout cas avec l'illustre Vie secrète publiée en 1942 dans le but explicite de contribuer à la pérennisation de la légende dalienne. Le journal du lycéen, rédigé sur des cahiers d'écolier, offre un tout autre profil de l'artiste encore en gestation. A Dali Journal 1920 avait déjà été publié en 1962 par les soins d'un collectionneur américain. Il correspondait, d'après les experts, au sixième de la douzaine de cahiers recensés. La présente édition correspond à sept cahiers, ce qui signifie qu'il continue à en manquer cinq. Le préfacier a beau annoncer que ceux-ci «n'apporteraient rien de très nouveau», rien ne permet d'en mesurer l'éventuel intérêt.

Friande de propos potaches, l'écriture s'interrompt pendant les vacances scolaires; Salvador a d'autres gats à fouetter! Mais elle réserve aussi d'inopinés bonheurs de lecture ainsi qu'en témoigne,

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