Philippe Blasband est né à Téhéran, en 1964, sa mère est iranienne,
musulmane, son père juif, polonais, un peu autrichien, informaticien. Belge. Philippe Blasband est un peu tout cela, belge, forcément, cinéaste, monteur, metteur en scène, écrivain, conteur, conteur surtout. Griot. On savait tout cela. On ne savait pas qu'il était un peu japonais, ou plutôt qu'il fut sumo (le fut-il?), en tout cas, la nouvelle intitulée Quand j'étais sumo et qui donne son titre au recueil a paru une première fois, en japonais, il y a plus de dix ans dans le numéro 182 de la revue Sumo («titre sobre et exact» précise l'auteur), c'est un signe, elle dit l'histoire du champion d'Europe des Sumo, «à moitié juif, à moitié iranien, le premier jûryô à devoir s'épiler les fesses toutes les deux semaines», il part pour le Japon, «Qu'est-ce que tu vas faire au Japon?» «Perdre.» Après quatre romans réussis, dans des formes différentes et originales, Blasband n'avait pas à faire la démonstration de sa virtuosité, ce n'est donc pas au titre d'échantillons de son savoir-faire qu'on lira ces nouvelles, mais pour le plaisir, comme un paquet de bonbons. Tous ne sont pas sucrés, acidulés plutôt, comme la plus longue histoire, en onze chapitres au milieu du livre, le Nègre, la confession d'Acher (on comprend vite qu'il faut prononcer «achère», comme on dit Hergé), Henry Roumont, «le créateur des aventures de Houpette et de son fidèle compagnon Léo le Hamster», il faut entendre «nègre» dans son triple sens, d




