Ibargüengoitia est connu en France sur la seule réputation de deux
romans, Deux crimes et les Mortes, parus chez Gallimard en 1993 et 1996, deux petites merveilles de rouerie narrative et d'humour noir. Le premier, surtout, vaut pour sa mécanique inexorable à la James Cain et pour son cadre: le pays minier de Guanajuato d'où l'auteur est originaire. Il les publia dans les années 70, après cinq ans passés à écrire des pièces de théâtre sans grand succès. La seule qui reçut un prix, l'Attentat, fut interdite pendant treize ans et seulement montée en 1975. C'est que le Ibar, comme l'appellent l'amicale de ses fans, s'était entre-temps fait une place de féroce chroniqueur à l'Excelsior, ce qui lui valut de devoir plus tard s'exiler aux Etats-Unis et à Paris. Il est mort en novembre 1983 dans des circonstances qu'il n'aurait sûrement pas manqué de tourner en dérision, de la mort la plus ignominieuse qui soit pour un auteur: crashé avec d'autres écrivains dans un avion en route pour un congrès littéraire en Espagne.
Pour ce qui nous occupe, les Conspirateurs sont premièrement le traducteur François Gaudry et Alvaro Mutis, qui ont intrigué pour que Phébus entreprenne la traduction intégrale du reste de l'oeuvre du trop acide Mexicain: recueils de ses chroniques (Autopsias rapidas), notes de voyage (Viajes en la América Ignota), ou encore cette série de curieux romans que Jean Pierre Sicre, éditeur et invétéré préfacier, qualifie judicieusement de «dynamitage historique». C'est un fai




