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Interview

Bartolomé Bennassar: «les historiens sont un peu jaloux».

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Rencontre avec un spécialiste de L'Espagne et de l'Inquisition.

Publié le 30/03/2000 à 23h12

Toulouse, envoyé spécial.

Bartolomé Bennassar est historien, spécialiste des mondes ibériques à l'époque moderne, ses premières recherches le conduisirent à Valladolid, et sa thèse porte sur l'histoire de cette ville «au siècle d'or», c'est-à-dire précisément le lieu et le temps du roman de Miguel Delibes. L'écrivain castillan s'est inspiré du travail de Bennassar et de quelques autres pour construire son roman. Delibes est un chasseur incomparable, Bennassar n'a pas son pareil à la pêche à la truite. Bartolomé Bennassar avait lu El hereje en castillan dès sa sortie en Espagne. Il a relu pour nous en français l'Hérétique.

Quel effet cela fait-il à l'historien de voir son travail servir de matière romanesque?

Evidemment, au début, on se sent un peu dépossédé, en toute justice d'ailleurs puisque Delibes rend hommage aux historiens dont il a utilisé les travaux. Puis on est un peu jaloux, car là où l'historien s'arrête faute de sources, le romancier poursuit. Delibes a fait un travail formidable, ma vision des choses ne change pas par rapport à ce que j'avais découvert, au contraire, il lui donne un ton, un accent, une couleur, que l'historien ne peut pas écrire mais qu'il ressent. J'ai eu du bonheur à retrouver écrit ce que j'avais ressenti.

N'est-il pas hasardeux de plaquer des personnages de fiction sur un décor si bien documenté?

Mais vous vous trompez, Delibes n'a inventé aucun personnage, excepté le héros, Cipriano Salcedo. Tous les autres, au nom et prénom près, sont dans le

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