ur la couverture, un regard, que l'on suppose celui de l'auteur, ce regard personnel que nous suivrons des yeux pendant un millier de kilomètres et douze douzaines de pages (une grosse), cette pin-up joyeuse aux épaules luxées, en guêtres blanches à patins à glace, au maillot une-pièce étroite et moulante, la poitrine échancrée en V noir de Veedol, huileuse et élancée, dont la version émaillée ornait les calandres des gros-culs, et cet air jazzy qu'on croit entendre, Charles Trenet: «De toutes les routes de France, d'Europe, Celle que j'préfère, c'est celle qui conduit En auto ou en auto-stop, Vers les rivages du midi. Nationale 7, Il faut la prendre à… (?, qui s'en souvient?), à Rome, à Sète, Que l'on soit deux trois quatre cinq six ou sept, C'est une route qui fait recette».
La route nationale numéro 7 ne passe ni à Sète (que l'on écrivit Cette jusqu'en 1927), ni à Rome où pourtant elle conduit, mais quel est le chemin qui n'y mène pas? La recette de Trenet, donnée en 1955, n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd, Pascal Vercken en donne une version attendrie, goguenarde, sentimentalo-blagueuse, prise entre nostalgie et modernité, érudition et simplicité.
Le projet est simple: monter dans une automobile (on apprendra à Valence, page 80, qu'il s'agit d'une «spacieuse limousine») au kilomètre zéro sur le parvis de Notre-Dame de Paris et de filer lentement à Menton, les yeux grands ouverts, «Car la route n'est pas faite, comme on croit, pour rouler. Elle est faite pour le re




