Au moment où paraît La Tempête en France, le dernier livre de Juan Manuel de Prada est en librairie en Espagne. Les Coins de l'air (Las esquinas del aire, 580 pp., Planeta) porte en sous titre «En quête de Ana Maria Martinez», et doit son titre à cette femme qui écrivait: «Mi voz se ha perdido en las esquinas del aire y del olvido», ma voix s'est perdu dans les coins de l'air et de l'oubli. Le livre est un objet difficile à identifier par les services de l'identité littéraire, il mêle le roman, le reportage, l'enquête, la poésie, citations, photos, dialogues. Au travers de ces méandres protéiformes, il trace le portrait d'une figure de l'Espagne, Ana Maria Martinez (1907-2000), championne de lancer de javelot, lesbienne, républicaine, résistante, poète, journaliste (ses reportages sur la mendicité, la prostitution, toutes formes de marginalité, sont fameux), elle fut la première femme à diriger une équipe de foot masculin (et pas n'importe laquelle: le Barça). Cette aristocrate anarchiste s'exile en France à la fin de la guerre civile et ne reviendra en Espagne qu'après la mort de Franco. En France, elle fut traductrice, éditrice, peintre de foulards dans les rues, la Bégum la remarque et lui confie la décoration de sa maison. Elle devient décoratrice de la jet-set, investit sa fortune dans la culture de fleurs pour la parfumerie. On l'oublie. Dans sa «quête» Juan Manuel de Prada finit par la retrouver (à Montauroux près de Cannes): «Elle est morte le jour où j'ai fini le li
Critique
«Les Coins de l'air» au frais
Réservé aux abonnés
Publié le 31/08/2000 à 3h52
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus