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Critique

Lydie Salvayre, constat amiable

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Routes et déroutes: l'auteur de «la Déclaration» emmène des touristes faire un tour d'Europe de la misère et des banlieues.

Publié le 07/09/2000 à 4h06

Comment vous expliquer? Prenez Peugeot, par exemple, une bonne marque, de bonnes voitures, fiables, confortables, sûres, de large diffusion. On en a eu, on en aura. N'empêche, il va falloir rappeler 400 000 exemplaires de la 206 en atelier pour déclenchement intempestif d'airbags latéraux, quant à la 406, elle tire à droite. Bien. Lydie Salvayre, c'est un peu pareil, un bon écrivain, fiable, sûr, remuant, inventif, comme on les aime. On en a lu et on en lira. Mais cette fois, les Belles Âmes, le nouveau modèle mis sur le marché cet automne à grand renfort d'espérance, a comme un défaut de fabrication, et le mieux, pour la réputation de la marque, serait d'en rappeler les exemplaires en atelier avant que cette erreur s'ébruite. ...videmment, il faudra trouver la panne, savoir pourquoi ce livre ne tient pas la route, et, comme on le fait chez tous les bons concessionnaires qui laissent à la disposition de la clientèle un véhicule de courtoisie avant qu'on remette le leur en état, on leur prêtera la Déclaration ou la Puissance des mouches pour qu'ils sachent que l'adresse est bonne et que chez Salvayre, on écrit de bons livres.

Défaut d'Airbag comme la 206, oui, le lecteur est ballotté dans les virages, il ne reconnaît pas le sens de la marche, et n'a qu'une idée: sauter du livre en marche. Contrairement à la 406, le récit tire plutôt à gauche. En tout cas, il manque de direction. C'est un concept ­car, l'idée vient des Etats-Unis, l'auteur a eu le mérite de le recueillir et l'a

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