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Libération
Interview

« Mon cheval refusait de penser en espagnol »

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Publié le 26/10/2000 à 5h49

Sur la page de garde du livre, votre nom est plus long, Manuel Rivas-Barros...

Barros, c'est le nom de ma mère, c'est administratif pour le copyright, en vérité, il y avait trois Rivas dans ma famille, Rivas le grand, mon père, moi, on m'appelait Rivas le petit à la taverne que nous fréquentions tous les trois, mon père, moi et le chien, le véritable Rivas, c'était le chien, tout le monde l'appelait Rivas. La taverne, chez nous en Galice, c'est l'université populaire, on n'y parle que le galicien. Ce n'est pas comme au Pays basque ou en Catalogne où les langues du pays sont en concurrence globale avec le castillan: en Galice, les langues sont des expressions de classe, le galicien est la langue du travail, de la rue, de l'amour et de la haine, la langue de la vie, le galicien sent la mer et la sardine, le pain de maïs, la sueur, l'espagnol est la langue de l'église, de l'école, mon instituteur ne parlait pas le galicien, ou plutôt il le taisait. Les républiques autonomes basque, catalane et galicienne ont été créées par la république et aussitôt niées par Franco.

Le galicien et le castillan sont-ils si différents?

Il ne faut pas le dire, mais le galicien, c'est du portugais du Nord, la frontière entre le Portugal et la Galice est très exagérée, la vraie tradition littéraire qui nous porte est la grande école de poésie portugo-galicienne. Le galicien est mon premier amour, comme disait Lorca, mais cela n'empêche pas d'aimer plusieurs fois.

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