On dit de Maryline Desbiolles qu’elle écrit de beaux livres, qu’on y entend une voix inouïe, une voix de femme, qu’on y devine une douleur, une pudeur et que le mélange des deux fait violence. On dit que cette violence touche, qu’elle n’appelle ni compassion ni consolation, qu’elle creuse l’âme comme la goutte d’acide tombée sur le cuivre. Que cette violence n’empêche ni douceur ni apaisement ni sérénité. On dit cela parce que c’est vrai, et de plus en plus: de livre en livre, la plume s’aiguise.
Et puis lorsque ces choses graves sont dites, comme pour adoucir l'épure, pour donner un peu de chair à la discrétion de l'auteur, on écrit: Maryline Desbiolles vit dans l'arrière-pays niçois. Comme si les régions côtières n'avaient pas de pays, que leur seul pays était la mer, leur vitrine la côte et que la terre ne comptait pas plus qu'une arrière-cuisine, une coulisse honteuse, indigne d'un nom de pays. C'est là que se passait Anchise (Le Seuil, 1999) qui reçut le prix Femina, c'est là que se situe le Petit Col des loups, le lieu-dit qui donne son titre au dernier livre de Maryline Desbiolles, puisqu'ici les lieux sont dits. L'arrière-pays est aux premières loges, la montagne est le lieu primal du livre, le lieu indispensable où se hisser si l'on veut voir la mer, la mer qu'on ne voit pas mais que le bleu du ciel annonce, l'arrière-pays est une avant-mer, cette mer absente, le chaud de la mer contre le froid de l'intérieur, le seul endroit possible où espérer cette «neige qui brûl




