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Interview

De l'Atlantique à l'oral.

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De «Volley-ball» à Ronce-sur-Mer, Christian Oster poursuit son chemin d'écriture vers une oralité reconstruite.

Publié le 11/01/2001 à 21h42

La vie aussi, on devrait la commencer par la fin. Ce serait tout de même moins triste, il n'y aurait qu'une naissance à espérer, là-bas au loin, la sienne, une course à rebours sur la piste des souvenirs, du nanan pour les dents. C'est comme les entretiens avec les auteurs, à la toute fin on leur propose de taire quelque chose qu'ils auraient dit, qu'ils regretteraient, ou d'ajouter autre chose qu'on n'aurait pas su leur demander, à ce moment précis lorsque l'on croit que tout est fini, Christian Oster attrape sa sacoche sur la banquette du restaurant, une sacoche qui jusqu'ici n'avait délivré qu'un tabac odorant, un tabac mal frisé qu'il poussait de l'index au fond d'une courte pipe en mal de ramonage, il attrape sa sacoche comme un qui va partir, ne part pas, l'ouvre et nous dit de cette voix de têtu qu'ont souvent les timides: «J'avais préparé des réponses à des questions que vous ne m'avez pas posées, une surtout, la seule à laquelle je sache répondre: comment est né ce livre? Une femme de ménage.» Et de la sacoche il extrait deux douzaines de feuillets qui constituent la réponse à cette question tue.

Maintenant, il faudrait tout reprendre; mais c'est trop tard, nous avons déjà commencé par le début, à la fin de la première moitié du siècle dernier, lorsqu'en 1949 naissait Christian Oster qu'on perd de vue pendant quarante ans, jusqu'à ce que Jérôme Lindon, des Editions de Minuit, trouve dans sa boîte aux lettres le manuscrit de Volley-ball qu'il publia illico. Le livre s

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