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Libération
Critique

Le Soviet supprime.

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Traduction de la première partie de «Vie et destin» de Vassili Grossman, dans la version vue et corrigée par la censure de Staline.

Publié le 18/01/2001 à 21h57

En février 1963, l'écrivain soviétique Vassili Grossman écrit au premier secrétaire du Parti communiste d'Union soviétique, Nikita Khrouchtchev, et lui demande «la liberté». Non pour lui-même (il n'a jamais été emprisonné) mais pour «(son) livre». Deux ans auparavant, le KGB a «emprisonné» les brouillons, manuscrits et dactylographies de Vie et Destin. Le livre ne paraîtra pas «avant deux ou trois cents ans» lui fait-on savoir. Grossman meurt d'un cancer en 1964 et laisse derrière lui l'image d'un bon écrivain soviétique. Ce qu'il fut. Cependant, un exemplaire microfilmé de Vie et destin parvient à l'étranger. Ce roman fleuve paraît en traduction à L'Age d'homme en 1980, et trois ans plus tard un court et fulgurant texte Tout passe. Et ces deux livres hissent Grossman au firmament de la littérature russo-soviétique de la seconde moitié du XXe siècle, auprès d'un Varlam Chalamov et d'un Andréï Platonov (dont Grossman fut l'ami).

Les Russes attendront près de vingt ans avant de connaître ce Grossman-là. Ils en étaient restés à Pour une juste cause, gros roman publié dans la revue Novy Mir en 1952 (présenté alors comme la première partie d'un autre à venir) ­ et c'est Pour une juste cause, que nous découvrons enfin en traduction française, vingt ans après Vie et destin. Les deux ouvrages forment un diptyque (on y retrouve bon nombre de personnages). Mais mieux que cela, l'un, Vie et Destin, apparaît comme la mauvaise conscience, le non-dit de l'autre. Tandis que Pour une juste c

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