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Libération
Critique

La baise des cochons.

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Métis en chaleur, coprophilie, nécrophilie active et plus si affinités. Sexe, alcool et prostitution à Cuba dans les années 90.

Publié le 01/02/2001 à 22h30

Le héros de Trilogie sale de La Havane n'a pas de patronyme, pour le reste tout ce que l'auteur laisse dire de lui-même et tout ce que dit le livre s'accorde: ils s'appellent tous deux Pedro Juan, ils sont nés au début des années cinquante, ils ont été journalistes, se sont fait virer de la télévision pour des raisons qu'ils ne donnent pas, nous laissant libres d'en imaginer le bien-fondé, ils vivent à La Havane, ils ont fait tous les métiers. Ils racontent bien. Tout est fait pour qu'ils se ressemblent, comme si ces textes n'avaient de force qu'avérés par leur caractère autobiographique. Ils n'ont pas besoin de cela, leur violence même, la cruauté et la crudité du désespoir, le cynisme de survie et le réalisme évident de ce Cuba de pénurie et de résignation, suffisent à leur part de vérité.

Cette trilogie présentée comme une suite romanesque n'est ni roman ni une suite mais la réunion de trois recueils d'une vingtaine de textes chacun (écrits en 94, 95 et 97), dont la chronologie ne se retrouve jamais clairement dans la course de la lecture, ce qui n'a guère d'importance puisque, à quelques personnages près, les histoires sont indépendantes les unes des autres, et que, on le verra, on ne peut guère accuser ce livre d'être sans queue ni tête, vu le nombre des unes et des autres, surtout des unes. L'énoncé de quelques titres peut nous préparer gentiment à recevoir en pleine figure le contenu fangeux du livre: «Pédé et suicidaire», «Je renonce aux bonnes manières», «Dans la mer

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